(Extrait d’un article paru dans la « Coquille »
N° 14,
Automne 2003, pp. 23 et sv.
sous la plume de Ch. Imhoos)
Dans le cadre des manifestations anti-G8, une large publicité a été faite aux policiers allemands venus prêter main forte à nos valeureux argoulets genevois, eux-mêmes déjà secondés par des brigades vaudoises et zurichoises. Mais l’homme de la rue sait-il que nos braves pompiers professionnels genevois du SIS (Service d’incendie et de sécurité) furent eux-mêmes épaulés à cette occasion par de pompiers français, probablement savoyards ?
Ce fait pourrait sembler relativement anodin au regard de la tournure parfois dramatique des événements. Pourtant, compte tenu des nombreux cafouillages dont les médias et certains politiciens bien-pensants se sont fait l’écho, l’histoire suivante, vécue au plus fort des événements par la compagnie des sapeurs-pompiers volontaires de la paisible commune de Vandoeuvres, mérite d’être relevée.
Il sied au préalable de préciser qu’en date du 8 avril 2003, tous les commandants des compagnies de sapeurs-pompiers volontaires de la République reçurent une circulaire de la Sécurité civile leur demandant de fournir l'effectif et la disponibilité de leurs compagnies pour le sommet du G8. Ainsi à Vandoeuvres, un service de piquet a été mis sur pied au sein de la compagnie des sapeurs-pompiers pour le 1er juin, soit quinze hommes.
Ceux-ci furent alarmés le même jour à 15:13 heures pour un incendie de détritus dans un jardin privé sis sur la commune. Le capitaine de cette compagnie envoya immédiatement un détachement sur le lieu du sinistre et en avertit la centrale d'alarme (CETA) conformément aux directives reçues, pour préciser que son détachement ne devait pas se trouver confronté à une bande de manifestants-casseurs. La réponse de la CETA fut de rappeler immédiatement ce détachement et d'attendre les ordres.
Cependant comme le sinistre se trouvait distant de deux cent mètres du local du feu, les sapeurs-pompiers volontaires, comme cela arrive parfois, arrivèrent avant le SIS et les ordres du CETA. En fait de feu de détritus, il s'agissait d'une bombonne de gaz d'un barbecue dont le tuyau s'était rompu et laissait s'échapper des flammes. Consciencieux, les sapeurs-pompiers de Vandoeuvres maîtrisèrent rapidement le sinistre sans attendre les ordres contraires.
La situation s'est compliquée dès l'arrivée du SIS qui, comme souvent, sous-estima pour ne pas dire, dénigra le travail. Mais ce qui étonna et même vexa nos dévoués volontaires, habitués aux remarques des professionnels du feu, ce fut de constater la présence discrète parmi les hommes du SIS de deux pompiers français observant la scène de manière amusée… !