Paru dans la « Coquille » N° 12,
Hiver 2002, pp. 28 et sv.
sous la plume de Ch. Imhoos)
On retiendra dans les annales les pluies diluviennes qui se sont abattues sur notre canton au mois de novembre 2001 et qu’une catastrophe fut évitée de justesse sur la commune de Bernex. On aura compté plus de trois cent litres par mètre carré en novembre, soit la valeur la plus élevée jamais enregistrée depuis le début des mesures en 1770 !
Notre commune n’a également pas été épargnée par les intempéries. Le 14 novembre déjà en début d’après-midi, les sapeurs-pompiers de la commune furent appelés au numéro cinquante du chemin de la Seymaz pour contenir le cours d'eau du même nom, alors en ébullition, qui menaçait les habitants de cette villa. Ainsi, une bonne partie des pompiers de la compagnie luttèrent contre les ardeurs de la Seymaz, l’un des leurs s’étant par ailleurs blessé lors des opérations de pompage et envoyé à l’hôpital pour le traitement d’une lésion à un doigt.
Les choses sérieuses débutèrent plus tard, le lendemain vendredi 15 novembre aux alentours de deux heures du matin. L’ensemble des pompiers de la commune fut, sur alarme, invitée à se rendre au dépôt pour faire face aux inondations qui se multipliaient.
Les pompiers se rendirent tout d’abord au numéro vingt-quatre du chemin de la Seymaz pour sécuriser les lieux à l’aide de sacs de sable, le champ d’en face étant traditionnellement un secteur d’accumulation d’eau de ruissellement provenant du chemin de la Blonde et des alentours. Fatiguée par le travail exécuté la veille, la motopompe utilisée par les pompiers fut remplacée par un ancien modèle de réserve datant des années 1940 qui fut alors mise en action aux fins de pomper l’eau pour la déverser ensuite dans la Seymaz.
Peu après, les pompiers furent également alertés sur le haut de Vandoeuvres, plus précisément sur la route du même nom à la hauteur du temple, pour contenir une inondation qui avait pour origine le ruissellement des eaux de pluie provenant des Hauts-Crêts.
La situation devait empirer aux alentours de trois heures du matin. Les pompiers volontaires de la commune, vu l’incapacité des pompiers professionnels de la ville à traiter les appels et à venir en soutien, notèrent plusieurs alarmes signalées sur leurs bip provenant de diverses habitations de part et d’autre du chemin de la Seymaz dont la rivière proche n’avait cessé d’enfler pour atteindre des volumes jamais enregistrés jusque là. Ainsi, ils se rendirent notamment aux numéros cinquante et cinquante-deux, puis vu l’urgence au numéro septante ainsi qu’aux villas avoisinantes dont ils purent observer que chaque maison voyait sa cave se remplir l’une après l’autre !
Compte tenu de la crue de cette honorable rivière qui se faisait fleuve, l’écoulement des eaux pluviales n’arrivait plus à s’effectuer normalement et c’est tout bonnement la Seymaz elle-même qui venait à refouler dans lesdites caves. Les pompiers mirent en action tous les moyens à leur disposition, pompes électriques immergées, petite et grande motopompes, aspirateur à eau, sacs de sable, pour traiter les sinistres.
Sans relâche de trois heures du matin jusqu’à deux heures le vendredi après-midi, les pompiers, dans un premier temps, aidèrent les habitants sinistrés à préserver les lieux et évacuer tous objets dommageables, pour pomper ensuite à l’aide de tous les moyens disponibles - l’aide extérieure de communes avoisinantes ou même des pompiers professionnels étant impossible - afin de limiter les dommages.
Au plus fort des inondations, on a mesuré près d’un mètre d’eau dans certaines caves. Les pompiers, face à l’ampleur de ces exceptionnelles inondations, tentèrent également de rassurer la population de plus en plus inquiète. Luttant sans relâche avec toutes les forces et moyens disponibles, ils oeuvrèrent, parfois de manière dépitée et désespérée vu le peu de résultat obtenu, jusqu’à ce qu'en début de matinée une décrue ne s’amorce grâce notamment à l’arrêt des pluies, leur permettant ainsi de pomper avec plus d’efficacité les différentes caves inondées. Ce n’est qu’aux alentours de la mi-journée que leurs efforts furent récompensés et qu’ils purent, pour la plupart des habitants lourdement sinistrés, vider les caves de ce liquide devenu maudit. Par chance, seuls des dégâts matériels furent enregistrés et on ne releva aucun blessé dans la population, à l’exception d’un sapeur qui se luxa un genou lors des opérations de pompage.
Les pompiers purent replier leur matériel en début d’après-midi et jouir d’un repos bien mérité. Certains d’entre eux durent toutefois sécuriser à nouveau le périmètre du vingt-quatre chemin de la Seymaz durant le week-end, lequel avait été fermé à la circulation au plus fort des intempéries.
C’était sans compter sur le retour du mauvais temps la semaine suivante, puisque les pompiers volontaires de notre commune durent à nouveau intervenir au matin du dimanche 24 novembre pour pomper dans le champ situé en face du numéro vingt-quatre du chemin de la Seymaz, l’eau qui s’y était accumulée et éviter que son contenu ne déborde à nouveau sur la route et les habitations proches. Plusieurs équipes se relayèrent durant toute la matinée pour effectuer le pompage du champ et éviter ainsi de nouveaux dégâts aux riverains. A la mi-journée, les pompiers purent replier leur matériel avec le sentiment du devoir accompli en espérant que le pire n’était plus à (re)venir, sachant qu’en pareille situation il faudrait à nouveau compter sur ses seuls et propres moyens. Par chance, ils ne durent pas ressortir.