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Casse-croute et fête des mères

(Extrait tirés des Cahiers de Vandoeuvres,
N° 4 – Décembre 1994
Texte de J.-C. Mayor,
édité par la Commune de Vandoeuvres)

Au début, la commune offrait aux pompiers, chez le boulanger Christin, un casse-croûte qui consista longtemps en ramequins et vin blanc. Puis le casse-croûte prit de l'ampleur et se transforma en véritable repas. Et comme il y avait deux restaurants au village, il fallait aller une fois dans l'un, une fois dans l'autre, pour ne pas créer de jalousies. René Stauffer commente philosophiquement cette évolution:

− Petit à petit, nous nous sommes habitués à manger chaud, et bien installés. Cette manière de banqueter ensemble est agréable. Elle permet de discuter, de régler de petits problèmes, de cultiver l'amitié. Le maire avait toujours un petit mot de remerciement, surtout avant, les élections, parce que les pompiers de Vandoeuvres, ça représente quand même vingt-cinq électeurs... Et en plus, nous sommes des gens actifs dans la commune.

Les pompiers se sont heurtés naguère à une vive opposition féminine. Dont on peut dire qu'elle était pour le moins justifiée. Ces Messieurs avaient décidé de faire leur exercice le dimanche. On ne sait pas trop pourquoi, c'était, une vieille habitude solidement ancrée. En plus, le grand exercice annuel avait lieu le dimanche... de la Fête des Mères. Alors les femmes ont fortement rouspété. Mais ce n'est pas facile de lutter contre une habitude, et il fallut combattre longtemps pour trouver et faire admettre une solution acceptable.

Hélène Stauffer pousse un profond soupir:

− Cette bringue avait déjà commencé avec mes parents. Mon père, qui travaillait à la poste de Vandoeuvres, participait à l'exercice du dimanche et ma mère lui disait: «La semaine, on ne te voit, déjà pas beaucoup, et puis encore ce dimanche d'exercice! Ça ne va vraiment plus.»

Mais la pauvre mère n'a rien pu changer. Et le problème s'est reposé à sa fille Hélène:

− C'est vrai, ça a continué avec mon mari. Il y avait l'exercice le dimanche matin. Après, il y avait le repas, auquel nous n'étions pas invitées, évidemment. Nos hommes rentraient au milieu de l'après-midi, assez «surmenés». Ils faisaient une bonne sieste et il ne restait rien du dimanche. Ces messieurs les pompiers étaient bien trop fatigués pour aller faire une promenade avec leur famille...

Finalement, vers 1950, les exercices du dimanche ont été supprimés. Ils se faisaient un soir de semaine, avec parfois un exercice de nuit.

Les femmes avaient cru qu'elles avaient gagné la partie. En réalité, ce qu'elles avaient pu conquérir d'un côté, elles allaient le perdre de l'autre, avec les courses annuelles.

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